Etudiants sans master comment rebondir

Etudiants sans master: rebondir et obtenir un master de droit l’année prochaine

Tous les ans, des milliers d’étudiants sans master et particulièrement en droit livrent leur témoignage sur les réseaux sociaux: ils n’ont pas obtenu de master. Malgré les 80 candidatures envoyées partout en France, ils n’ont reçu que des « avis défavorables ».
Pour beaucoup d’étudiants, cette situation génère d’énormes remises en question allant jusqu’à la dépression. Pourtant il est tout à fait possible de
rebondir et obtenir un master de droit l’année prochaine.

Quelle est la cause de cette situation ? Je te l’explique sans langue de bois

Pour mieux comprendre la situation, il faut déjà analyser les causes. Pourquoi chaque année en France, trouve-t-on des étudiants sans masters ?
Il existe principalement 2 causes:

Premièrement, un dossier trop faible, c’est à dire un dossier universitaire avec des redoublements, des passages aux rattrapages fréquents et des moyennes trop justes.
Malheureusement
beaucoup d’étudiants en droit n’ont pas conscience de l’importance d’avoir un bon dossier. On ne peut d’ailleurs pas leur en vouloir car bien souvent les professeurs n’en parlent même pas ou en parlent de manière trop tardive (juste avant la sélection).
J’ai justement fait une vidéo où j’explique l’importance d’avoir un bon dossier en fac de droit où je t’explique de manière factuelle et sourcée que dès la L1 les notes que tu auras
auront un impact sur tout ton cursus.
C’est difficile à entendre surtout quand on travaille beaucoup et que les notes ne suivent pas mais il est important d’être honnête avec soi-même, de prendre le temps de se demander pourquoi notre dossier n’est pas à la hauteur. C’est déjà un premier pas pour aller de l’avant et trouver une solution efficace.


Deuxièmement, des réformes des études de droit inadaptées aux réalités du terrain (et on pourrait adresser la même critique pour les réformes successives du CRFPA qui n’ont aucune cohérence).
Je suis toujours autant surpris de voir à quel point notre système d’enseignement supérieur est
complètement déconnecté de la mission à laquelle il doit pourvoir: préparer au mieux les étudiants à entrer dans la vie active.
En effet, jusqu’en 2017, la sélection en master se faisait entre le Master 1 et le Master 2, Certains élèves se retrouvaient alors sans M2. Or, sans M2, il est difficile de s’insérer professionnellement puisque le grade de « Master » est en France, attribué aux personnes titulaires d’un BAC+5 et non un BAC+4.
En 2019 une réforme a été opérée pour entrer en vigueur en 2020. Celle-ci dispose que désormais la sélection se fera avant l’entrée en Master, donc à la fin de la licence.
Si elle va vers un peu plus de cohérence, le problème reste identique dans la mesure où certains élèves n’auront alors qu’une licence en poche. Ils pourront bien évidemment passer des concours divers pour rebondir, mais s’ils veulent s’insérer dans la vie active là encore, cela risque d’être très difficile pour eux. Pour information un élève ayant une licence en droit pourra au mieux devenir assistant juridique. Or pour être assistant juridique, il suffit de faire une formation qui dure entre 8 et 10 mois. En d’autres termes, l’étudiant en droit aura passé 2 ans supplémentaires pour rien.

A mes yeux, si notre système était mieux construit, il aurait fallu instaurer un concours dès la 1ère année ou un numérus clausus comme il existe en médecine. Il vaut mieux créer une désillusion chez un étudiant dès le début de son parcours que de le laisser s’approcher du but pour anéantir ses efforts ensuite.

Le droit à la poursuite d’études: un nouvel outil pour les étudiants sans master

En 2017, lorsque la sélection en master se faisait en M1, un droit à la poursuite d’études a été créé: un étudiant sans master peut désormais engager une démarche spécifique auprès du rectorat de sa région académique, permettant à celui ci de poursuivre ses études, sous réserve de remplir certaines conditions. Si ces conditions sont remplies, le rectorat a l’obligation de proposer à l’étudiant un ou plusieurs masters susceptibles de l’accueillir et assurer sa poursuite d’études.

Si on doit saluer cette initiative, elle reste à mon sens très imparfaite, je ne la recommande qu’à titre subsidiaire. En effet, si le rectorat a l’obligation d’offrir une issue à l’étudiant, les propositions faites n’ont été acceptées en moyenne qu’une fois sur 3. Cela signifie donc que 2/3 des étudiants ont reçu une ou plusieurs propositions de masters qui ne leur convenait pas.
Est-ce à dire que les étudiants font les difficiles et qu’ils devraient s’estimer heureux d’avoir un master?
Absolument pas ! Le rectorat ne se soucie que très peu de la cohérence du parcours des étudiants et n’hésite pas à réorienter des étudiants en droit vers des masters – certes intéressants d’un point de vue intellectuel – mais qui n’offrent en réalité aucune débouché concrète sur le marché du travail et ne sont pas valorisés par les recruteurs. Si les étudiants refusent les propositions c’est qu’il y a une bonne raison de le faire !

Ainsi, si tu te retrouves sans master, mon conseil est de faire jouer le droit à la poursuite des études mais de ne pas tout miser sur ce nouvel outil car il est, en l’état actuel des choses, très peu satisfaisant.

Etudiants sans master : une opportunité plus qu’une fatalité

Et si ne pas avoir de master était une opportunité plus qu’une fatalité ? Cela semble irréaliste de dire ça, surtout venant de moi, qui a justement intégré les parcours les plus sélectifs.
Bien que je n’ai eu aucune difficulté dans ma scolarité, je n’ai jamais été centré sur moi même. J’ai toujours pris le temps de regarder l’environnement qui m’entoure et pris conscience de la détresse de certains étudiants.

Sans tomber dans le développement personnel, je pense que dans la vie tout est une question d’état d’esprit.
Ne pas avoir de master est loin d’être une fin en soi, je vois cet événement comme une « césure » durant les études de droit, une césure qui peut faire du bien pour se recentrer sur soi-même.
Quand on regarde de plus près, à aucun moment de notre scolarité nous avons la liberté de prendre du temps pour nous même. Dès la fin du lycée nous sommes bombardés dans l’enseignement supérieur sans même savoir véritablement ce que l’on souhaite faire de sa vie contrairement aux pays anglo-saxons où prendre une année pour réfléchir à sa carrière professionnelle est très encouragé.
Dès lors, le fait de ne pas avoir de master peut être le moment propice pour prendre le temps de se poser les bonnes questions et savoir véritablement ce que l’on souhaite faire.

A titre personnel, comme je l’ai indiqué je n’ai jamais vraiment eu de problèmes dans ma scolarité, néanmoins à la fin de mes études cela ne m’a pas rendu plus heureux. Je réussissais mes examens, mais sans conviction. Preuve en est, j’ai réussi le concours de la première année de médecine et j’ai pourtant décidé d’arrêter. De la même façon, j’ai réussi à accéder aux cabinets que je convoitais pour devenir avocat d’affaires et pourtant j’ai compris que seul l’entrepreneuriat me rendrait heureux.
Je pense que si j’avais eu un an entre le lycée et l’enseignement supérieur, ou même à la fin de ma licence, j’aurais pu réfléchir davantage sur ce que je voulais vraiment faire dans ma vie.
Preuve, que le système est mal conçu même pour ceux qui parviennent à valider leurs années.

Ainsi, mon conseil est de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Le fait de se retrouver sans Master est angoissant et je le conçois parfaitement. Mais ce n’est pas une fin en soi, il faut profiter de cette année pour poser un regard sur soi-même et ce que nous souhaitons véritablement faire de notre vie.

Muscler son dossier pour rebondir et obtenir un master de droit l’année prochaine

Comme je l’ai indiqué précédemment, le fait de ne pas avoir de master n’est pas une fin en soi. La plupart des élèves qui n’ont pas de master ont un an pour améliorer leur dossier et leur CV afin de retenter leur chance l’année suivante. Dans la majorité des cas, cette stratégie fonctionne !

Voici différentes manières très concrètes de CONSIDERABLEMENT améliorer son dossier (il vaut mieux en cumuler au moins 2):

  • Multiplier les expériences juridiques: qu’il s’agisse de stages ou de contrats de travail, tu as un an devant toi donc profite-en pour enrichir tes expériences professionnelles. L’idéal serait d’avoir 2 stages d’environ 6 mois chacun, mais rien ne t’empêche de faire autrement. En revanche, trop d’expériences tue l’expérience, il vaut privilégier moins d’expériences mais avec des durées plus longues: la durée du stage montre que tu es motivé, que tu es resté suffisamment de temps pour acquérir du savoir et que tu as su monter en compétences.
  • Développer des compétences de plus en plus recherchées: Le monde évolue, se digitalise et le droit n’y échappe pas. Ainsi, pour mettre toutes les chances de ton côté il faut absolument que tu profites de cette année pour développer des compétences que tu n’avais pas avant. Toutefois, il faut bien choisir la compétence que tu souhaites développer pour que ton CV fasse meilleure impression. Selon moi (et ça n’engage que moi), il est intéressant de développer des compétences en Compatibilité et en Analyse financière mais aussi en Informatique (en apprenant à coder par exemple) ou encore en Analyse de données (preuve en est, le métier de Data Protection Officer, souvent occupé par des juristes, a été crée il y a seulement quelques années, or ce métier n’existait pas auparavant).
    Ce qu’il faut avoir en tête c’est que les compétences que tu vas acquérir ne sont pas là uniquement pour améliorer ton dossier, elles peuvent t’ouvrir des portes incroyables et changer ta vie. J’ai par exemple un ami qui n’a pas eu de master 2, qui a appris à coder et qui aujourd’hui dirige une équipe de 14 personnes chez Microsoft.
    Pour la comptabilité et la finance je recommande de travailler avec un livre, il en existe plein ! Pour l’informatique et l’analyse de données, il existe des formations gratuites et des formations payantes qui sont très bien faites toutes les deux. Tout dépendra de ton budget.
  • Passer des concours: La licence de droit permet d’accéder à plusieurs concours, que ce soit pour les écoles de commerce ou les concours de la fonction publique. Réussir un concours peut être une excellente opportunité pour toi, même si tu ne souhaites pas intégrer telle école ou telle fonction, cela peut considérablement booster ton CV. Cela démontre une forte capacité de travail et le fait que tes mauvaises notes en droit ou tes passages aux rattrapages ne reflètent pas tes réelles capacités.
  • Faire un DU: Il existe de plus en plus de DU d’excellente qualité et je trouve qu’il faut féliciter les Universités pour cela. Certains DU forment mieux leurs étudiants que certains masters. A titre d’exemple, le DU de Paris-1 en Management-Economie-Finance offre une formation très solide. Rien ne sert de viser un DU d’Assas ou de la Sorbonne, d’autres Universités comme Saclay proposent des diplômes universitaires diversifiés et très sérieux qui peuvent ajouter un réel cachet à ton dossier. Le tout est de trouver un DU dans un domaine en lien avec le master que tu convoites, et surtout un DU qui te plait ! Le but n’est pas de faire une formation à contre coeur.
  • Devenir bilingue en anglais: L’anglais est la langue des affaires. En droit, l’anglais est devenu incontournable ! Tu as donc un an devant toi pour devenir bilingue en anglais et crois moi c’est largement faisable ! Pas besoin de partir à l’étranger pour ça, je te renvoie donc à mon article qui traite du sujet. Une chose est sûre tu dois obligatoirement passer le TOEIC, c’est un examen simple qui se prépare très facilement, les révisions pour cet examen vont considérablement améliorer ton niveau en grammaire et conjugaison anglaises.
    J’insiste sur le fait que l’anglais doit obligatoirement faire partie des actions que tu dois prendre pour améliorer ton dossier. Beaucoup d’élèves parlent anglais mais très peu parlent
    TRES BIEN l’anglais, et ça, ça fait la différence sur un CV.

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